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jeudi 23 mars 2017

Petites nouvelles en ce début de printemps

Bonjour à tous !

Après deux mois de silence (et d'écriture intensive !), je reviens vers vous pour quelques petites nouvelles, et des bonnes !

Tout d'abord, j'ai le plaisir de vous annoncer que les deux romans que j'ai écrits à partir des contes de Mestr Tom, dans le cadre des Voyages en Orobolan, reparaissent  chez l'éditeur L'Ivre-Book. Il s'agit de Lune Bleue et du Secret de l'Ancien, dont je vous présente les nouvelles couvertures ci-dessous. L'illustration pour Lune Bleue a été réalisée par Calcines et celle pour Le secret de l'Ancien par Manu Civiello, un bel artiste dont je vous invite à rejoindre la page sur Facebook.


Pour marquer ce changement, une nouvelle page, "Les vampires d'Orobolan", viendra remplacer les deux pages existantes actuelles sur Facebook, ce qui sera plus simple. 

 Et puis, une bonne nouvelle ne venant jamais seule, en voici une seconde : le point final a été posé au tome 2 d'Une autre vie et le manuscrit envoyé chez mon éditrice de Rebelle Éditions ! :) Pour rappel, voici la couverture du tome 1. ;)


En attendant de découvrir la couverture du tome 2 (d'ici quelques temps, pas tout de suite), et si vous êtes un peu curieux, un extrait de ce nouveau roman vous ferait-il plaisir ? Si oui, manifestez-vous, likez la page Facebook (lien ci-contre), partagez ! ;) Merci !

En attendant, pour lire un extrait du tome 1, voici le lien : http://www.rebelleeditions.co/une-autre-vie (en arrivant sur la page, cliquez sur le bouton "extrait", en dessous de l'image de couverture).

A bientôt ! :)

jeudi 24 novembre 2016

Plaidoyer pour que l’on rende ses crocs au vampire

Article paru dans l'Imaginarius, en août 2012.


Vampires et littérature : de la répulsion à l’attirance… et de la fascination au rejet ?

Plaidoyer pour que l’on rende ses crocs au vampire

par Sklaerenn Baron

 
Les vampires… Il suffit de prononcer ce mot pour qu’aussitôt certains se mettent à frissonner de délices en disant « j’adooooore les vampires ! » ou que d’autres fassent la moue, au contraire, en vous cinglant d’un « oh, les vampires, y’en a marre, on en a fait le tour, faudrait changer ! » Ok. J’entends bien que, depuis quelques années, nous avons vu débarquer un flot de romans vampiriques – ou considérés comme tels. Selon certains, d’ailleurs, les vampires sont à la mode depuis Twilight. C’est faux : les vampires sont revenus sur le devant de la scène depuis Buffy contre les vampires, et Twilight a surfé avec succès sur cette tendance, bien que les vampires présentés dans cette saga soient forts différents de tout ce à quoi nous pouvions nous attendre. Et la mode a continué ensuite, entraînant un nouveau flot de littérature vampirique ou pseudo-vampirique.

De là à dire qu’on a fait le tour de la question des vampires, rien n’est moins sûr. Par contre, il est bien évident que l’image du vampire a énormément évolué ces dernières décennies, au point de faire oublier le mythe originel et sa véritable nature. En fin de compte, c’est sans doute justement cela qui agace : le fait que le vampire ait perdu son sens, son sel, sa saveur. Il n’est souvent plus qu’un pâle reflet de lui-même, sans consistance et sans substance. De quoi vouloir le rejeter, en effet. En cette année du 100e anniversaire de la mort de Bram Stoker, maître du genre, ce serait quand même dommage, surtout que le vampire a encore beaucoup à nous dire… à condition de lui redonner ses crocs.
 


Les sources de l’origine du mythe des vampires sont assez variées, et je ne vais certainement pas vous en faire l’historique complet, bien que certains éléments me paraissent intéressants pour mon propos. Mais ce sujet a été maintes fois abordé, et de façon magistrale par plusieurs personnes, et je n’ai aucune envie de faire des redites. Récemment, j’ai ainsi trouvé fort intéressant l’essai d’Estelle Valls de Gomis, Le vampire au fil des siècles : enquête autour d’un mythe, et dans un autre registre, le livre Bit-Lit ! : L’Amour des vampires dirigé par Sophie Dabat, sans parler du Traité de vampirologie d’Edouard Brasey (enfin, de Van Helsing, pardon !). Et parmi les innombrables revues fantastiques (qui ont nécessairement abordé le sujet à un moment ou un autre), il me revient à l’esprit un article paru dans le premier numéro des Soupirs de Ligeia, intitulé Les vampires dans la littérature moderne et rédigé par Adrien Party (prochainement « maître de cérémonie » au salon des Halliennales, en octobre 2012, dont les temps forts s’articuleront précisément autour du mythe du vampire), à la suite de sa conférence donnée au premier salon du vampire, en décembre 2010, à Lyon.

Néanmoins, en nous limitant strictement au mythe du vampire dans notre monde occidental (bien qu’il soit présent aussi dans les civilisations asiatiques, africaines, voire amérindiennes) et sans remonter jusqu’à Lilith ou Caïn, aux lamies ou encore aux stryges, on ne peut parler de vampire sans évoquer ces personnages fondateurs du mythe comme Vlad l’empaleur ou Elisabeth Bathory. Par ailleurs, même en s’en tenant aux vampires dans la littérature, l’on est bien obligé de tenir compte des récits et croyances populaires anciens, des faits divers rapportés par écrit et qui ont nourri les premières légendes vampiriques. 

On se souvient par exemple de ces histoires (dès le Moyen-Âge) mettant en scène ce qu’on appelait alors des « revenants en corps » (et non de purs esprits comme les fantômes), des défunts mâchant leur linceul dans leur cercueil, se relevant de leur tombe pour venir « hanter » leur propre famille. Dans ces récits populaires, le personnage du vampire tient parfois plus du zombie (selon notre mythe moderne) que du vampire proprement dit (toujours selon notre mythe moderne) en ce sens qu’il est bien souvent laid et presque toujours en voie de décomposition. Il n’est juste pas complètement mort. Pas glamour, tout ça. On accuse ces vampires d’être responsables de propager la peste, du fait de leurs corps pourrissant qui circulent au milieu des vivants, et on commence à mettre en place des rituels pour les empêcher d’agir, par exemple en leur mettant quelque chose dans la bouche pour éviter qu’ils ne mastiquent leur linceul. Une des découvertes les plus récentes à ce sujet, c’est celle du « vampire » de Venise, dont Vampirisme.com et ActuaLitté avaient parlé sur leur site respectif à l’époque de la découverte du corps : datant du XVIe siècle, c’est celui d’on avait pratiqué un rituel pour lui interdire de revenir parmi les vivants.

Ce n’est que plus tard qu’est apparue l’idée du vampire se nourrissant du sang des vivants, au XVIIIe environ, à une époque où les récits de cas de vampirisme « avérés » ont connu leur plus grand développement. A ce moment, le vampire n’est plus un cadavre en décomposition qui refuse de rester sagement dans sa tombe, mais il possède déjà un corps « frais » qui a toutes les apparences de la vie et qui saigne abondamment si on lui perce le cœur ou si on lui tranche la tête. Mais même à partir de là, le vampire a continué à subir de nettes modifications au fil du temps.

Bien évidemment, la première grande époque du vampire, c’est le XIXe siècle, avec Bram Stoker, que tout le monde connaît, mais aussi John-William Polidori, dont j’ai redécouvert le texte Le vampire dans le Traité de vampirologie d’Edouard Brasey, ou encore J-S Le Fanu. Le vampire est souvent un homme de la noblesse. Il n’est plus forcément laid, en dépit de ses actes horribles, et il fascine, attire et répugne en même temps. Dans certaines histoires gothiques du XIXe siècle, le vampire se contente de commettre ses actions « sacrilèges » la nuit et revient vaquer à ses occupations auprès de sa famille dans la journée, comme si de rien n’était, tel cette jeune femme de La vampire de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (que j’ai également découverte dans le Traité de vampirologie de Brasey). D’autres ne semblent même pas conscients de leur nature.

 

Mais l’intéressant dans tous ces vampires, c’est qu’ils représentent une perversion, de par leur nature même. Perversion de la sexualité, de l’érotisme (amour et mort leur sont liés), mais aussi perversion de la vie, par le fait de commettre des crimes, de tuer, mais également d’avoir accédé à l’immortalité et de la donner à d’autres, au cours d’un échange très symbolique. Le vampire transgresse les tabous et incarne la cruauté et le Mal, notion à laquelle il est intrinsèquement lié. Le Mal, quelque chose qui est en nous et hors de nous à la fois, que nous ne comprenons pas toujours et que nous refusons souvent de voir. Dès lors, soit le vampire est maléfique en lui-même, soit il est manipulé par une force maléfique. Parfois révolté contre Dieu (comme Dracula), parfois niant Dieu, parfois payant pour les fautes de ses ancêtres contre l’ordre divin, son état de mort-vivant est, de toute façon, lié à une malédiction. Et par sa seule existence contre-nature, sorte d’aberration, il clame son opposition à la nature, à Dieu, à la norme.

Une des premières questions que l’on se pose alors, c’est : comment peut-il « vivre » alors qu’il est mort ? Qu’est-ce qui l’anime ? L’hypothèse la plus souvent retenue autrefois était qu’un démon l’animait, et que donc, il avait perdu son âme. Cela ne lui faisait pas forcément perdre ses souvenirs, mais l’âme semblait bel et bien le prix à payer pour revenir d’entre les morts et l’on devait accepter de la perdre volontairement pour devenir immortel. C’était pour cela aussi qu’il fallait accepter de boire le sang du vampire, après avoir été vidé du sien, pour devenir vampire à son tour (toute chose que l’on retrouve chez Anne Rice, plus tard). On ne pouvait être changé contre son gré, il fallait accepter le Mal en soi. Voilà pourquoi aussi, sans doute, la transformation en vampire n’était pas immédiate : il fallait « mourir » à sa première existence pour renaître à la nouvelle. Chez Bram Stoker, cette transformation (contamination par le Mal) est lente, et même réversible tant que la mort physique n’a pas encore eu lieu. Mina en est l’illustration parfaite qui, après avoir été corrompue par Dracula, revient du côté obscur vers la lumière. L’échange de sang entre le vampire et celui qu’il va corrompre et transformer à son tour, est donc le symbole de cette contamination, et aussi celui de l’échange de l’âme contre l’immortalité, autrement dit de cette renonciation à l’humanité – et à la part de divin en nous – contre le fait de vivre éternellement. L’utilisation du sang, considéré comme sacré dans toutes les cultures primitives, n’est pas anodine non plus. Le sang, c’est la vie, et le vampire joue avec. Par ailleurs, il y a aussi dans cet échange de fluides l’image d’une relation à un autre niveau, d’ordre sexuel.

De la même façon, dans le mythe classique, un vampire ne peut entrer chez quelqu’un, dans une maison habitée, sans y avoir été préalablement invité, mais une fois qu’on l’a invité, il peut revenir quand il veut. Je me souviens avoir lu une explication fort intéressante sur ce sujet : c’est tout à fait logique si on prend le vampire comme le symbole de la tentation du Mal et la maison comme le symbole de notre cœur ou de notre âme. On peut très bien refuser au Mal de venir en nous, en ne s’y adonnant jamais. Mais une fois qu’on s’y est laissé aller, il est de plus en plus facile d’y succomber. Et la métaphore prend alors tout son sens. Inviter le vampire à entrer, c’est donc faire un premier pacte avec le Mal, un pacte qui n’est pas sans conséquence, car si, dans les histoires, on devient alors la victime du vampire, lequel peut vous tuer ou/et tuer toute votre famille, c’est que, symboliquement, s’adonner au Mal entraîne le monde à sa ruine.

Accepter le sang que le vampire donne après avoir sucé le vôtre (pour engendrer un nouveau vampire), c’est aussi faire un pacte avec le Mal, un pacte d’un autre ordre et aux conséquences encore plus désastreuses, puisqu’on devient soi-même vampire et meurtrier et qu’on perd son âme en échange de l’immortalité et de pouvoirs surhumains. C’est sans nul doute un pacte de type faustien, un pacte avec le Diable. Le vampire est donc un véritable monstre, mais il fascine car il peut nous contaminer et il nous montre que nous pouvons tous devenir des monstres. En réalité, le Bien et le Mal sont en chacun de nous, et le vampire nous montre ce qui arrive lorsqu’on se laisse aller au Mal. C’est pourquoi, aussi, le vampire traditionnel n’a pas de reflet, tout simplement parce qu’il est – ou peut être – le reflet de n’importe lequel d’entre nous.

On comprend que, dans cet ordre d’idées, le vampire n’ait que faire des lois et de l’ordre, qu’ils soient humains ou divins. C’est un hors-la-loi subversif. Il erre de par le monde, se voulant « seul et unique responsable de son destin » comme le disait Jean-Jacques Beinex, et ne rendant de compte à personne. En apparence, il n’est plus soumis à aucune règle, ni celles de Dieu, de la nature, ni celles des hommes. C’est un être provocateur par nature, profondément anarchiste, un être « libre ». Mais j’y mets des guillemets, car cette liberté n’est qu’illusoire puisqu’en réalité, le vampire est gouverné par ses pulsions, ses désirs, ses « soifs », la soif de sang n’étant que le symbole de quelque chose de plus général. Cependant, on voit immédiatement que le message qu’il envoie ainsi au monde est menaçant pour les pouvoirs en place, surtout qu’en plus d’agir de la sorte, le vampire invite les autres à le suivre. Il est en soi un appel permanent à tous les vices, une incitation au Mal personnifiée dans un corps éternellement « vivant », et bientôt éternellement beau et jeune : le vampire étant tentateur se doit désormais d’être beau, telle une incarnation du Diable. Du caractère simplement immortel du vampire, on en est donc arrivé à une créature apparemment magnifique pour l’éternité.

Dès lors, le vampire est intrinsèquement un démon de la tentation, démontrant par ses actes que le sens de la « vie » réside tout simplement dans le fait d’y mordre à pleines dents (au sens littéral et figuré) et que la seule vérité à laquelle on doit se raccrocher est dans cet acte même. Il prouve que n’importe qui peut acquérir des pouvoirs inimaginables pour le commun des mortels à la seule condition de simplement se laisser posséder par le Mal. Il pousse alors les hommes à suivre leur instinct, et non leur raison, prétendant qu’il ne faut pas avoir peur d’être soi-même mais qu’il faut au contraire laisser pousser ses crocs.

Il va donc à contre-courant de toutes les grandes religions, lesquelles affirment, au contraire, qu’il faut se limiter et se restreindre, renoncer au plaisir maintenant pour obtenir le Paradis plus tard. Le vampire, lui, affirme que peu importe le Paradis et l’Enfer, on fait sans eux : le plaisir peut (et doit) être immédiat, dans une éternité passée sur terre ; et la seule chose tangible qui existe et qui compte véritablement, ce sont les désirs, autrement dit les « soifs ». Il démontre alors que c’est en les assouvissant que l’on trouve le plaisir, mais aussi l’immortalité, à l’instar de ce Dieu qu’il défie à chaque instant. Pour lui, l’âme n’a alors aucune valeur. Il n’a pas besoin d’elle pour survivre à la mort. C’est sans doute aussi pourquoi il y renonce si facilement, puisque, de toute façon, c’est le prix à payer. Tout est lié, tout se tient.

 

Pour moi, l’essence du vampire est précisément là, et du coup, j’adhère moins facilement aux histoires où le vampire, tout en buvant du sang, refuse son état et se lamente sur son sort. Louis, d’Entretien avec un Vampire et célèbre parmi les vampires d’Anne Rice, n’est ainsi pas un « vrai » vampire à mes yeux – et Edward Cullen l’est encore moins, sorte de Louis poussé à l’extrême, comme le faisait remarquer Adrien Party dans son article, un Louis épuré et débarrassé de toute trace de violence et d’homosexualité. Je comprends le côté « regrets de la vie humaine » de Louis (pourquoi pas ?) et j’apprécie le fait que, chez Anne Rice, les vampires aient des sentiments (parfois contradictoires) et qu’ils conservent la conscience d’eux-mêmes. Il semble en effet que leur nature humaine d’avant existe toujours, mais sous une forme pervertie et « libérée » (chose que l’on retrouve dans Buffy, plus tard). La grande différence par rapport à « avant », c’est qu’ils sont inhumains, et du coup, ils ne connaissent plus de limites, ni sociales ni morales, ce qui leur permet de tuer sans arrière-pensée, postulat de départ mis en place par Anne Rice. Le hic, c’est qu’on a du mal alors à saisir certains des comportements de Louis et même à concevoir comment il peut exister, puisque c’est apparemment le seul vampire à avoir conservé son âme humaine. Mais pourquoi lui et pas les autres ? On le voit éprouver du remords pour les actes qu’il commet, se croire damné, rejeté par Dieu, et penser que sa place est en Enfer. D’ailleurs, à force de rejeter sa nature, il se crée son propre enfer, car il ne supporte pas d’être un vampire et en veut à Lestat de l’avoir transformé. Ce personnage est donc assez incompréhensible, à l’inverse de son créateur, nettement plus logique, qui assume totalement sa nature vampirique.

Lestat, lui, ne croit en rien : à ses yeux, Dieu n’est qu’une invention qui n’existe pas plus que le Diable (il se fait passer lui-même pour le Diable, c’est dire !). Ce libertin invétéré et cynique agit en suivant uniquement ses pulsions et il use avec grand plaisir du « don obscur » pour dépasser toutes les limites et tabous de la vie humaine. Ceci dit, il préfère le sang des criminels au sang des innocents, mais est-ce vraiment pour une question de morale ou parce que le goût des uns est différent du goût des autres ? Tuer des humains ne le dérange guère, et d’ailleurs, il aime défier toutes les règles, y compris celles des vampires. Lestat est le digne héritier de Dracula, lequel, dans le même ordre d’idées, est aussi parfaitement logique, car n’ayant pas d’âme, il n’a aucun état d’âme (justement) lorsqu’il s’agit d’arriver à ses fins, de tuer des innocents et de pervertir de jeunes demoiselles. Tout cela ne l’empêche pas d’être amoureux, d’une façon assez égoïste cependant, car ne pas avoir de moralité ne signifie pas être incapable d’éprouver des sentiments. Cela me rappelle d’ailleurs une remarque de Drusilla dans Buffy contre les vampires : « Ce n’est pas parce que nous n’avons pas d’âme que nous ne pouvons pas aimer. » Mais même amoureux, Dracula reste un damné qui s’est révolté contre Dieu, un prédateur qui se nourrit des vivants, que ce soit de leur sang ou de leurs émotions, un être pervers qui prend plaisir à pervertir les innocent(e)s.

Cependant, à travers tout cela, on s’aperçoit que le vampire est passé du statut de simple objet de terreur, dans les contes gothiques des XVIIIe et XIXe siècles qui plongeaient avec délices dans des scènes sanglantes et barbares, destinées à faire éprouver de la répugnance au lecteur, au statut de sujet de fiction à part entière. Bram Stoker a entamé cette révolution avec son Dracula. Pourtant, dans son roman, si le vampire est au cœur de l’histoire, il n’en est pas le héros. On parle de lui, mais on ne le laisse pas parler. C’est Van Helsing et ses compagnons qui racontent l’histoire, d’un point de vue entièrement extérieur au vampire. Il faut attendre Anne Rice pour aborder le point de vue du vampire lui-même. Et c’est en cela que ses livres sont absolument géniaux, parce que, pour la première fois, c’est le vampire qui parle. Au début, même s’il nous ressemble, il reste quand même différent, et donc encore un peu menaçant. Mais Anne Rice révolutionne le mythe encore plus profondément, car son mode de narration nous permet de nous identifier au vampire, et non plus simplement à un héros en butte à des phénomènes surnaturels, ce qui est tout à fait nouveau. Dès lors, le vampire fait de moins en moins peur, tout en demeurant fascinant. On en arrive à le comprendre et à trouver « naturelles » ses réactions, ce qui est comble pour un monstre censé être éloigné de nous ; et si cela est encore relativement compréhensible avec Louis, le plus humains de tous ses vampires, dans Entretien avec un vampire, cela devient plus pervers avec Lestat dans Lestat le vampire.

Mais désormais, la porte est ouverte à de nouvelles fictions, avec des vampires qui, tout en se demandant s’ils ont ou non perdu leur âme, se mettent à éviter de boire le sang des hommes (Louis ayant été le premier d’entre eux). Ils deviennent de plus en plus humains, se comportent comme tels et ne sont plus nécessairement mauvais. Ils sont, certes, plus forts que de simples mortels, plus dangereux, et l’amour est encore souvent lié à la mort avec eux, mais la communauté vampirique se met à avoir ses bons et ses mauvais vampires, comme il y a de gentilles et de méchantes personnes dans la société humaine. Il faut pourtant admettre que, tout en permettant de créer des histoires nouvelles, cela fausse le mythe. L’idée de la perte de l’âme pour acquérir l’immortalité n’est plus du tout retenue dans les récits modernes, et d’ailleurs, on ne se pose plus guère la question de savoir ce qui anime les vampires. Ce qui compte, aujourd’hui, ce sont leurs sentiments, leur existence quotidienne, comment ils vivent parmi nous. Et s’ils restent fascinants par leur jeunesse et leur beauté éternelles, leur nature perverse est éclipsée.

 

L’ennui, alors, c’est que le vampire n’a souvent plus guère de sens. N’y aurait-il donc plus de prix à payer pour accéder à l’immortalité, hormis le fait de devoir renoncer au soleil (et encore, dans les récits de Stephenie Meyer, ce n’est même plus franchement le cas) ? Et dans cette hypothèse, si les vampires conservent leur âme, pourquoi certains d’entre eux se comportent-ils encore comme des prédateurs sans scrupule ? On me dira, certes, que des humains se comportent également ainsi et que la question de l’âme n’est sans doute pas la vraie question à poser, le problème relevant plutôt de la psychiatrie. Quoi qu’il en soit, le vampire ne renvoie plus spécifiquement à ces notions de Bien et de Mal, qui sont pourtant fondamentales dans le mythe d’origine. Mais s’il n’est plus qu’un humain légèrement différent (au goût prononcé pour le sang et aux aptitudes physiques hors norme), s’il ne représente plus l’interdit, s’il n’est plus là pour transgresser les tabous, que devient-il ? Un simple prétexte de fiction et de romance, qui permet d’aborder de façon imagée la question de l’autre, du différent ?

C’est clairement ce que sont devenus les vampires de Twilight, les Cullen n’ayant plus rien à voir avec le mythe traditionnel des vampires, et s’éloignant encore fortement de l’évolution récente de ce mythe. Comme je le disais en interview, ce sont même des sortes d’anti-vampires puisqu’ils représentent tout, sauf la tentation – mis à part leur beauté surnaturelle qui fait craquer Bella. Mais ils ressemblent plus à des top-modèles qu’à des avatars envoûtants de Lucifer. De même, la conception des vampires dans des séries telles que Vampire Diaries, Anita Blake ou La communauté du Sud (True Blood à la télévision) pose question : même s’ils restent des individus tentateurs et volontiers violents, ce dernier point est de plus en plus effacé (notamment dans Vampire Diaries, bien que ça n’aille pas jusqu’au point de Twilight où les Cullen sont résolument pacifiques) et, surtout, ils veulent à tout prix s’insérer dans la société humaine. On peut se demander pourquoi. Après tout, ce sont des vampires, ils sont censés n’avoir rien à faire de nos conventions, mépriser la société humaine. Ils ne sont pas humains eux-mêmes, alors pourquoi chercheraient-ils à le (re)devenir et à vivre au milieu des hommes ? L’argument invoqué est alors d’ordre économique, du fait de l’obligation qu’ont les vampires de trouver de l’argent pour assurer leur train de vie.

Le vampire n’étant alors plus un mort-vivant contaminé par un démon, il peut désormais devenir tout et n’importe quoi, résultat d’expérience génétique (simple humain à l’agressivité et aux capacités surdéveloppées et obligé de boire du sang, mais encore possesseur de son âme et capable de sentiments et de remords), création des anges pour les servir (chez Nalini Singh), voire anges déchus en quête de rédemption (dans Les vampires de Manhattan), etc. Mais il perd son caractère révolutionnaire et subversif, il n’est plus celui qui soulève les interdits, et même s’il représente encore souvent une tentation à laquelle on peut difficilement résister, cette tentation n’est pas forcément mauvaise. Bien souvent, les héroïnes sont attirées par les vampires comme elles pourraient être attirées par n’importe quel homme sortant un peu de leur ordinaire. Le Bien et le Mal se mélangent, les frontières sont floues, il devient parfois difficile de différencier l’attitude des vampires de celle des chasseurs de vampires et de les justifier. Tous finissent par se ressembler, évoluant dans des nuances de gris.

Cela est très représentatif de notre société moderne, et bien entendu, on n’a plus le côté manichéen des récits d’avant. Pourtant, on a besoin de sens, en tant que lecteur et en tant qu’être humain. Il est d’ailleurs intéressant de noter que Lestat, dans les livres d’Anne Rice, cherche à comprendre la nature des vampires et le secret de leurs origines, car il a besoin de réponses, lui aussi. Il cherche un sens à sa vie d’immortel, à son éternité, et s’il n’est pas en quête de Dieu (en qui il ne croit pas), la question de l’existence de Dieu est omniprésente dans les livres, question qui demeure sans réponse jusqu’à la fin, même après que Lestat a visité le Paradis et l’Enfer.

 

Au milieu de toute cette littérature, Buffy constitue une exception, et, alors que la façon – trop romantique et trop humaine – dont la nature des vampires est aujourd’hui traitée finit par lasser dans la plupart des fictions récentes, la prise de position de Joss Whedon, lorsqu’il a repris le mythe pour créer sa série, est remarquable. À l’origine, même s’il s’agit effectivement d’une série télévisée, Buffy a tellement influencé la littérature vampirique qu’on est bien obligé d’en parler. D’ailleurs, de nombreux romans Buffy ont été écrits, directement dérivés de la série (bientôt réédités chez Milady) et aujourd’hui, ce sont des comic-books qui en racontent la suite.

Dans Buffy, l’aspect démoniaque et sans âme du vampire n’est pas masqué, rejeté, refoulé, comme il l’est si souvent dans la littérature moderne. Au contraire, il a été conservé et mis en évidence. Ainsi, même si les vampires restent en grande partie à l’image de ce qu’ils étaient au cours de leur vie (Angel est une sorte de looser, avant d’enfin se prendre en main à Los Angeles, dans le spin-off éponyme de Buffy), ils restent néanmoins fondamentalement différents des hommes, et l’héroïne elle-même le répète sans cesse : les vampires sont mauvais, dangereux ; on ne peut pas leur faire confiance et on ne peut les considérer comme des êtres humains, mais comme des démons. Si certains d’entre eux ont un comportement différent, il y a toujours une bonne raison : pour Angel, c’est parce qu’on lui a rendu son âme contre son gré, suite à une malédiction jetée par les gitans, et il souffre ensuite mille morts dues au remords. Par la suite, Spike devient également un vampire différent, d’abord parce qu’une puce dans le cerveau l’empêche de mordre des êtres humains, puis parce qu’il va, lui aussi, retrouver son âme. Mais leur différence de comportement est clairement expliquée et ne jette aucun doute sur la nature maléfique du vampire, à la base.

La nouveauté de Buffy, à l’époque, c’était aussi qu’elle promouvait une autre vision de la femme, en renversant les stéréotypes des films d’horreur d’alors. L’héroïne ressemble volontairement à la jolie blonde qui se fait occire de façon brutale en début de film, mais en réalité, c’est elle qui « botte les fesses » des vampires et des divers monstres. Les personnages les plus puissants de la série sont des femmes, telles que les Tueuses, Buffy, Faith, ou encore Willow la sorcière. Les hommes, quant à eux, sont souvent plus ordinaires (Alex) ou indécis (Angel avant de reprendre en main son destin, Spike qui court après Buffy mais n’a pas de vrai but dans l’existence pendant longtemps…). L’image de la blondinette qui se fait bêtement tuer est même cassée encore plus fortement dans le tout premier épisode, quand la petite lycéenne blonde, dans son joli petit costume de lycéenne, parfait prototype de la screaming girl qu’on assassine à la troisième minute du film, se révèle en fait être un vampire (Darla) qui massacre allègrement le jeune homme avec lequel elle se trouve. On pensait que le danger venait de l’extérieur, mais c’était elle, le danger, en réalité.

C’est en cela que Buffy est l’annonciatrice de toute la littérature d’aujourd’hui appelée « bit-lit », terme français créé en clin d’œil à la chick-lit et désignant un courant particulier d’urban fantasy, parce qu’elle a donné à la femme une place différente. Dès lors, ce ne sont plus les créatures fantastiques qui sont au cœur de l’histoire, mais ce ne sont plus des héros non plus, ce sont des femmes. Et toute la bit-lit raconte des histoires de jeunes femmes indépendantes qui se trouvent confrontées à des phénomènes paranormaux et des monstres issus de fantastique, tels que les vampires. Ceux-ci ne sont plus le sujet principal de l’intrigue ; ils ne sont même bien souvent qu’un prétexte à raconter des histoires de femmes, pour des femmes. Dès lors, on comprend le relatif ras-le-bol d’une partie du public par rapport au vampire aujourd’hui, même s’il reste toujours un thème littéraire de premier ordre. Peut-être que cette façon de lui enlever ses crocs est à l’origine de ce rejet partiel, plus que le fait d’avoir subi un raz-de-marée d’histoires vampiriques.

 

Les histoires vampiriques, quand elles sont bonnes, sont aussi agréables à lire que le reste, mais j’ai envie de dire : « par pitié, rendons ses crocs au vampire ! » Et tant qu’on y est, rendons aussi les zombies au monde des morts et les loups-garous à la bestialité ! Nom d’un chien, ce sont tous des monstres, et c’est ça qui nous fait frissonner, qui nous fait peur et nous attire. Cela nous renvoie à nos propres monstres intérieurs, à nos peurs inavouées d’être nous-mêmes des monstres… ou de pouvoir en devenir. Mais « castrer » les monstres en en faisant trop souvent de simples sujets de romance est assez restrictif. Redevenons sérieux une minute : un zombie qui tombe amoureux et dont on peut tomber amoureuse, vous avez déjà vu ça, vous ? Un zombie, c’est un mort, non ? Un mort-mort. Bon, il bouge, mais au ralenti. Et il est en décomposition. Vous trouvez ça glam’, vous ? Alors, ok, il semble que soit née une nouvelle race de zombies. Pas morts-morts, qui bougent normalement, qui pensent et qui ne se décomposent pas. Mais ce ne sont plus des zombies, alors. Si ? Soyons francs : non.

Il en va de même pour les vampires. Un vampire qui ne craint pas le jour, qui n’éprouve pas l’attrait du sang (ou si peu), qui se pose tout un tas de questions philosophiques sur le Bien et le Mal et recherche le Bien, alors qu’il est censé, à la base, être une créature maléfique qui ne suit que ses instincts, ses envies, ses désirs… eh bien, pour moi, ce n’est pas un vampire. Evidemment, si on en reste seulement à la vision classico-gothique du vampire, cela limite les possibilités de fiction, j’en conviens, en ce sens qu’on peut rapidement verser dans les récits horrifiques et que cela ne permet pas toutes les histoires qu’on écrit aujourd’hui.

Voilà pourquoi il est important de trouver des ressorts narratifs permettant de créer des vampires un peu différents, des vampires avec une âme, des vampires bridés, des vampires obligés de combattre aux côtés des humains, des vampires tombant amoureux, etc. La seule chose importante, c’est que cela ait un sens, que leur comportement ait une justification qui tienne la route. Un vampire ne devient pas gentil parce qu’il l’a décidé. Ce n’est pas dans sa nature d’être gentil. Il faut une raison valable. Et pour écrire une histoire vampirique qui tienne debout, il faut garder présente à l’esprit la véritable nature du vampire de base : il n’est pas forcément immoral, mais il est amoral.

De là cette réflexion que je partageais récemment avec d’autres auteurs : à mon sens, la créativité ne consiste pas nécessairement à imaginer de nouvelles mythologies, parfois tirées par les cheveux, mais aussi à réinvestir les mythes anciens pour leur donner une vigueur nouvelle, un souffle nouveau, à condition de le faire correctement, sans se lancer dans des dérives qui, au lieu de venir enrichir le mythe, l’appauvrissent. Evidemment, en créant un monde entièrement nouveau, sans se baser sur quoi que ce soit de ce qui a été fait avant, le problème ne se pose pas. Mais peut-on vraiment écrire en ne s’inspirant d’absolument rien de ce qui nous précède ? Notre imaginaire est forcément nourri de ce qui s’est fait auparavant et que nous avons lu. Même le nouveau roman, qui consistait à faire table rase du passé, lequel était rejeté en bloc, s’appuyait néanmoins sur lui, par simple opposition. Ainsi, qu’on la rejette ou qu’on l’intègre à sa propre œuvre, on ne peut nier qu’il y a une tradition littéraire avant nous. A nous de trouver notre place et notre façon personnelle de nous exprimer.

Réinvestir la légende en la modernisant, mais sans lui faire perdre son sens, est un défi délicat. Et pour y réussir, il faut avant toute chose que le mythe parle d’abord à l’auteur lui-même, et lui parle tellement qu’il aura quelque chose à dire dessus. Il arrive que, parfois, le mythe soit revisité de telle façon qu’on ne peut que s’incliner devant la créativité de l’auteur. Je pense ainsi à la refonte totale du mythe qu’a effectuée Melissa de la Cruz dans Les vampires de Manhattan et qui est absolument magistrale. De même, tout récemment, j’ai grandement apprécié le roman Le premier sang de Sire Cédric. Il est dans la veine des précédents, policier fantastique, mais dans celui-ci, l’auteur revisite également le mythe du vampire de façon très originale, preuve que cela est encore possible pour ceux qui ont le talent.

C’est que, si on veut bien le laisser s’exprimer vraiment, le vampire a encore beaucoup à nous dire. Non pas nécessairement en tant que simple créature fantastique qui permet d’écrire des romances bit-lit, mais parce que, si on le considère toujours comme cet autre qui transcende les interdits et qui nous entraîne à sa suite, il est une métaphore de ce qui se cache au fond de nous, de notre propre propension à nous, humains, à faire le Mal et à nous laisser contaminer par lui. Dès lors, le vampire interroge sur nous, ce que nous sommes, sur la condition humaine, l’essence de la vie, sur le Bien et le Mal en nous et dans le monde. Il permet d’explorer le côté obscur de l’être humain et d’aborder beaucoup de questions existentielles. Encore faut-il lui laisser ses crocs, au sens propre et au sens figuré.

 

Comment Buffy a changé ma vie

Article paru dans le magazine en ligne l'Imaginarius, en juin 2012.

Comment Buffy a changé ma vie

Par Sklaerenn Baron

 


J’avoue : je suis aujourd’hui une fan inconditionnelle de cette fameuse série qu’est Buffy contre les vampires, de même que d’Angel (spin-off réussi de Buffy) et du Whedonworld en général. Pourtant, je dois bien avouer que cela n’a pas toujours été le cas et que la première saison de Buffy, par exemple, m’avait laissée dubitative. Au bas mot. En fait, lorsque j’ai découvert Buffy pour la première fois, je trouvais vraiment que ça faisait trop ado, même si c’était plutôt rigolo. Il faut dire que je n’étais plus une ado moi-même, depuis quelques années. Et là, je ne parle pas du film, que j’ai vu seulement après la série et qui n’était pas vraiment transcendant, mais bel et bien de la série.

Néanmoins, avec l’arrivée des personnages de Spike et Drusilla, dès la saison 2, j’ai commencé à accrocher, et finalement, j’ai trouvé la série géniale et très inventive, souvent drôle, parfois émouvante. Mon personnage préféré est resté Spike, du début à la fin, mais j’avoue avoir de la tendresse (beaucoup) pour nombre d’autres personnages, notamment Alex, Tara, Oz… Cependant, je dois bien avouer que c’est le personnage de Spike, extrêmement romantique pour un vampire sans âme et vraiment très drôle, et l’interprétation de James Marsters, dont je trouvais le jeu d’acteur formidable, qui m’ont définitivement convaincue de suivre les aventures de Buffy jusqu’au bout.

 

Mais au-delà de l’aspect divertissement et évasion que cette série a eu pour moi comme pour de nombreux autres fans, il me faut dire, en y réfléchissant, que Buffy a bel et bien changé ma vie, du fait de tout un enchaînement de prises de conscience et de rencontres qu’elle a provoquées pour moi. Au final, la découverte de la série, en tant que spectatrice, a été le début d’une véritable aventure personnelle qui m’a entraînée bien plus loin que ce que j’aurais imaginé, et bien loin de ce point de départ également.

Je vais passer sur l’aspect « j’ai regardé la série en VO tellement j’étais fan et ça a drôlement amélioré mon anglais d’un seul coup » (bien que ce soit vrai). Je vais aussi passer sur l’aspect « moralement éducatif » dont plein d’autres ont déjà parlé (cf., par exemple, le livre « Que ferait Buffy ? La Tueuse de vampires comme guide spirituel » de Jana Riess). Pour beaucoup, Buffy semble en effet avoir changé la façon de penser, car même si l’héroïne n’est pas parfaite et possède des côtés sombres (comme pratiquement tous les personnages de la série), elle peut très bien être un modèle pour beaucoup, notamment par le dévouement et la solidarité dont elle fait preuve. Cela n’a pas été mon cas, car comme je le disais plus haut, j’avais déjà un certain âge et je m’étais déjà moralement et psychologiquement construite.

 

Non, pour moi, c’est artistiquement que la série Buffy a été une véritable révolution. Avant tout, c’était à mes yeux une série culte dont j’attendais chaque nouvelle saison avec impatience et dont j’ai regretté l’arrêt, même si le final, à mes yeux, a été exceptionnel. J’en appréciais autant les clins d’œil à la culture populaire, la bande originale (qui m’a permis de découvrir nombre de nouveaux groupes musicaux que j’écoute encore toujours lorsque j’écris, aujourd’hui) que l’humour ou les histoires elles-mêmes. De plus, étant donné mon « grand âge », j’avais déjà acquis assez de culture générale pour apprécier la richesse de ces histoires et les différents niveaux de « lecture ». La série n’a pas été culte que pour moi, d’ailleurs, car il faut voir l’engouement qu’elle a provoqué autour des vampires. Toute la littérature actuelle, mais aussi les films et les séries, bref tout l’imaginaire tournant autour de ce sujet a également été révolutionné par Buffy. C’est à partir de ce moment-là que les vampires sont vraiment revenus sur le devant de la scène, comme sujets de fiction, et toutes les œuvres qui ont suivi se sont très souvent plus ou moins inspirées de cet univers. Buffy a renouvelé le genre.

De ce point de vue, je dois dire que j’ai été beaucoup moins marquée par le fait que des jeunes femmes tout à fait ordinaires, en apparence, étaient capables de se battre (chose qui a toujours été une évidence pour moi) que par la présentation des vampires dans cette série. Buffy a changé ma propre vision des vampires. Ou plutôt, cela a conforté la vision que j’en avais intuitivement mais que je ne savais trop comment exprimer et que je ne retrouvais nulle part ailleurs. Buffy a éclairci cette vision.

J’ai toujours aimé le mythe du vampire, et quand j’ai découvert Buffy, j’avais déjà lu Bram Stocker et Anne Rice, et bien entendu, j’avais vu le film de Coppola, que j’avais adoré à tous points de vue, et celui d’Entretien avec un Vampire. Je me retrouvais plus dans le premier que dans le second, d’ailleurs, même si j’étais fan de Brad Pitt et de Tom Cruise, parce que dans le premier, Dracula n’a pas d’âme… et donc pas d’états d’âme, et ce, même s’il est amoureux ! Il reste un damné, qui s’est révolté contre Dieu, et un prédateur qui se nourrit des vivants, que ce soit de leur sang ou de leurs émotions. Un être pervers qui prend plaisir à pervertir les innocent(e)s. A l’inverse, les vampires d’Anne Rice, bien que fictionnellement très intéressants, me paraissaient un peu trop éloignés, selon moi, de ce que devait être un vampire, comme s’ils étaient toujours dotés de leur âme, justement. Je parle ici au-delà du simple plaisir de lire ou regarder une œuvre divertissante de qualité, bien entendu, car de ce point de vue, je n’ai absolument pas boudé mon bonheur de lectrice ou de spectatrice.

Mais c’est bien cet aspect sans âme et démoniaque du vampire que j’ai retrouvé dans la série. L’héroïne le répète sans arrêt : les vampires sont mauvais, ils sont dangereux, ils n’ont pas d’âme et ne peuvent donc être considérés comme des êtres humains mais comme des démons. Cette vision des vampires correspondait tout à fait à l’idée que j’en avais, et j’aimais également tous les messages secondaires que les scénaristes et le créateur, Joss Whedon, faisaient passer à travers eux, puisqu’au final, tout ceci n’était qu’une parabole sur nos luttes intérieures, les choix auxquels nous sommes confrontés, etc.

 

Dès lors, Buffy m’a donné envie d’écrire sur les vampires. Cependant, je ne me suis pas lancée tout de suite, je ne m’en sentais pas capable. J’écrivais déjà, j’ai toujours écrit, mais pas du tout dans ce domaine, vraiment nouveau pour moi. Il m’a fallu le déclic, et il est venu beaucoup plus tard. Curieusement, Stephenie Meyer (dont j’ai apprécié les histoires, malgré tout ; je suis plutôt bon public, il faut dire !) et sa vision totalement erronée du vampire (à mes yeux ; avis qui n’engage que moi) a été une forme de déclic, et je me suis dit que si elle arrivait à écrire des histoires que les lecteurs appréciaient, pourquoi pas moi ? Mais elle n’a pas été le seul déclencheur. Il y en a eu d’autres, et de plus importants.

A l’arrêt de la série Buffy, j’ai ressenti un véritable manque, pour dire à quel point j’étais devenue fan, et j’ai eu envie de prolonger l’aventure. J’ai acheté et lu tous les romans issus de la série (même ceux non traduits en français). Puis j’ai acheté les comics qui racontaient la suite de la série. J’ai fait de même avec les comics racontant la suite d’Angel. Cela m’a permis de découvrir de nouveaux artistes et écrivains dont je me suis mise à apprécier les talents de conteurs, que ce soit graphiquement ou littérairement.

Mais ça ne suffisait pas. Buffy m’avait rendue « accro » aux vampires et je n’arrivais plus à avoir ma dose. A partir de là, j’ai donc lu tout ce qui me tombait sous la main sur le sujet, mais j’avoue avoir été souvent déçue par la vision par trop romantique et trop humaine des vampires dans la plupart de ces fictions, même si, pour le reste, c’était souvent de qualité.

 

Finalement, un beau jour, j’ai compris qu’il fallait que je me lance pour de bon et que je crée ma propre histoire. J’ai rédigé un premier jet, en quelques semaines. Et j’ai eu envie d’un conseil, d’un avis extérieur, de préférence de la part de quelqu’un qui avait l’expérience de ce genre de choses. J’ai ressenti le besoin d’être guidée, car je n’étais pas sûre que ma petite création tenait la route. C’était trop nouveau pour moi.

C’est alors que je me suis tournée vers les artistes que j’avais découverts grâce à Buffy et que j’avais appréciés. La magie de l’internet m’a permis de pouvoir en contacter quelques-uns, et parmi eux, il y eut Jeff Mariotte. Jeff est un auteur américain très riche, tant sur le plan personnel que professionnel. Il a écrit plus de quarante-cinq romans, a travaillé comme libraire et rédacteur dans des maisons d’édition. Pour ma part, je l’ai d’abord remarqué parce qu’il a écrit les livres de Buffy et d’Angel que j’ai préférés, parfois seul, parfois en collaboration avec d’autres auteurs. Je lui ai donc envoyé un message, ainsi qu’à d’autres auteurs, sans savoir encore le genre de personne qu’il était. Mais j’étais déjà bien consciente que, si jamais il me répondait, il était un de ceux dont l’avis compterait le plus.

Or Jeff m’a répondu, et très vite, en plus. Il s’est montré accessible et disponible. Il a lu ce que je lui avais envoyé, il m’a donné son opinion, qui a été déterminante pour moi, et des pistes de travail ; il m’a conseillée et m’a aidée à créer au mieux mon propre univers. Il a vraiment été d’une grande gentillesse et m’a soutenue dès le début dans ce projet de livre. Je lui dois beaucoup. Jugez un peu : presque deux ans plus tard après le premier message que j’ai envoyé à Jeff, à l’heure où j’écris ces lignes, le livre est au bord de sortir en librairie et Jeff lui-même a accepté d’en écrire la préface !

Cette préface a représenté un cadeau extraordinaire pour moi. Et quand je considère le chemin parcouru et que je vois le résultat, je me dis que c’est comme si la boucle se bouclait : une nouvelle œuvre est née ; elle est ce qu’elle est, loin d’être parfaite, mais c’est la mienne et elle résulte de ce cheminement personnel et artistique que Buffy a déclenché en moi. La préface de Jeff en est comme un signe. Il est probable que sans Buffy, et surtout sans Jeff, mon propre livre n’ait jamais vu le jour. Et en cela, Buffy a vraiment changé ma vie. Merci, Joss Whedon ! Et merci Jeff, of course.

Dialogue auteure-personnage de fiction


Post sur Facebook

Quand on est une auteure légèrement schizophrène (c'est pour ça que je dis « on ») et qu’un de vos personnages vous prend la tête, ça peut donner ceci (retour en mai 2013, avant ma participation d'alors aux Imaginales) :

 
Moi, Ryan Blake, vampire (Strategy of Darkness) : Mon auteur sera bientôt à cet événement incontournable que sont Les Imaginales ! Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à lui rendre une petite visite. Conseil d'ami. ;) Vraiment. V''''V

Sklaerenn Baron (en commentaire du post) : Ryan ! Non, mais ça va pas la tête ou quoi ?
Ryan Blake (en réponse au commentaire) : Ben quoi ?
Sklaerenn Baron : « Ben quoi » ?! Comment ça, « Ben quoi » ? Regarde ce que tu as écrit, bon sang ! T’es malade ! Tu le sais, ça ?
Ryan Blake : Désolé, chérie, je ne peux pas être malade, je suis...
Sklaerenn Baron : Un vampire, ouais, je sais. Ben, ça n’empêche pas d’être « insane », si tu vois ce que veux dire. Enlève-moi ce post.
Ryan Blake : Ah non ! Je te fais de la pub. Tu ne veux pas que les gens aillent te voir ?
Sklaerenn Baron : Si, bien sûr, mais on ne leur parle pas de cette façon, aux gens.
Ryan Blake : Ah bon ? Et pourquoi donc ?
Sklaerenn Baron : Réfléchis un peu, voyons ! Je pensais quand même qu’en presque cinq cents ans, tu avais fait quelques progrès dans le relationnel.
Ryan Blake : Je te ferais remarquer que j’ai passé la majeure partie de ces cinq cents années comme... Vampire, eh oui ! Hello ! Moi, c’est Blake, et les relations humaines, je m’en bats l’œil. Et puis, je ne suis pas un grand intellectuel, darling. Moi, c’est plutôt...
Sklaerenn Baron : STOP !!!! Epargne-nous les détails.
Ryan Blake : Dommage, ce sont les détails qui sont intéressants, justement.
Ryan Blake : Eh bien, tu ne dis plus rien ?
Ryan Blake : V''''V
Sklaerenn Baron : Rengaine tes canines. Please.
Ryan Blake : Grrrrrrrrrrrrr *va s’allumer une clope pour ne pas tuer quelqu’un*
Sklaerenn Baron : Pfff, si tu crois que tu me fais peur. N'empêche, si tu te fiches des relations humaines, pas moi. Non, mais sans blague, on dirait presque que tu menaces de mordre les gens, là !!
Ryan Blake : Y’a de l’idée.
Sklaerenn Baron : Heuuuuu... Si tu mords une seule personne, Ryan, tu auras affaire à moi... et à mon pieu. J’en ai plein en stock !
Sklaerenn Baron : *je sens que ça peut prêter à confusion, ce que je viens de dire*
Ryan Blake : Ah, ah, ah !!! Même si tu parles du bon pieu (et non de l'autre), venant de toi, cette remarque est désopilante. Tu ne peux pas te passer de moi. Eh, mais, attends...
Sklaerenn Baron : Quoi ?
Ryan Blake : C’est peut-être ça, le problème. T’es jalouse, en fait ! V''''V
Sklaerenn Baron : QUOI ?!!
Ryan Blake : Tu te répètes, poupée.
Sklaerenn Baron : Non, mais eh, oh ! Je ne te permets pas de m’appeler "poupée", d’abord !! Où tu te crois ? Et puis, rassure-moi, tu plaisantes, là ? Ou alors, tu es totalement délirant, mon pauvre. Je ne suis pas jalouse du tout. *n'importe quoi, pfffffff*
Ryan Blake : Oh, vraiment? Alors pourquoi t’offusquer de mon message, dans ce cas ? Tu as peur que je morde quelqu’un d’autre ? Et puis, je t’appelle comme je veux, pou-pée.
Sklaerenn Baron : BLAKE !!!!
Ryan Blake : Tiens, ce n’est plus Ryan ? Damn and blast! Ah, ah, on dirait que j’ai fait mouche !!! V''''V
Sklaerenn Baron : Non, mais tu vas finir, oui ?! De quoi je pourrais être jalouse ?! Je suis ton auteur !!! Mdr ! Au contraire, plus il y a de gens à te connaître, et plus je suis contente. *ces vampires, ils se prennent vraiment pour le centre du monde !!!* Et puis, reste poli, d'abord !
Ryan Blake : Comment ? Après tout ce que je t’ai raconté et ce que tu es en train d’écrire pour tes prochains tomes, tu t’offusques d’un petit juron ? Mais fais-moi rire !
Sklaerenn Baron : Là n’est pas la question. Enlève-moi ce post tout de suite, ou modifie-le, ou...
Ryan Blake : Ou quoi ?
Sklaerenn Baron : Ou tu vas tellement en baver dans le prochain tome que tu demanderas grâce à genoux !
Ryan Blake : Alors, ça, ça m’étonnerait ! Vu que tu es ma biographe et que tu ne fais que raconter des choses véridiques.
Sklaerenn Baron : Très bien. Dans ce cas, je vais me débrouiller pour que tu fasses de trèèèès vilaines rencontres dans la vraie vie. Comme ça, j’aurais des scènes bien sanglantes à raconter, des scènes dans lesquelles tu passeras de vilains quarts d’heure.
Ryan Blake : Oh, hell !! Mais j’aime ce qui est sanglant. Et j’aime ce qui est vilain. V''''V
Sklaerenn Baron : Ok, je renonce... Tu es incorrigible. *dégoûtée*
Ryan Blake : Ne t’en fais pas, si ça se trouve, un jour, je demanderai grâce à genoux. Et j’adorerai ça. Et toi encore plus. Ou peut-être que ce sera toi qui demanderas grâce. Dieu seul le sait.
Sklaerenn Baron : Faut toujours que tu aies le dernier mot, hein ? De préférence avec une allusion graveleuse.
Ryan Blake : C’est comme ça que tu m’aimes.
Sklaerenn Baron : C’est toi qui le dis.
Ryan Blake : Non, c’est toi qui le prouves. Tu ne peux pas décrocher de ma biographie.
Sklaerenn Baron : Si je le faisais, tu serais bien emmerdé.
Ryan Blake : Alors là, tu deviens vulgaire. Je suis choqué.

Extrait du tome 3 de Ryan Blake


Petit dialogue, issu du tome 3 de Ryan Blake, Les Ailes du Péché. Notre cher Ryan discute avec une femme... mais qui ? À vous de deviner.
 
 
Vampire, par Cashile, sur DeviantArt.

 
 
 
– Suis-moi, si tu veux vivre.

– Quoi ? Pas question ! J’ai une mission à accomplir, ici !

– Très bien. Je reviendrai quand tu seras morte, dans ce cas.

– Oh, ça va, Terminator. Ça ne sert à rien de jouer les offensés.

– Je ne joue pas. Je ne joue jamais.

– Ah, pardon ! Tu joues tout le temps. Tout est un jeu pour toi ! Tu ne prends rien au sérieux !

– Rassure-toi, je prends ma survie très au sérieux. Mais contrairement à ce que tu penses, je n’aime pas jouer. Ah, si, en fait, il y a un jeu que j’aime. Il se joue à l’horizontale. Quoique… à la verticale, ça marche aussi. Un jeu où il est question d’empaler.

– Blake ! Tu es détestable !

– J’ai dit : je reviendrai. Quand tu seras en de meilleures dispositions, disons, dans trois secondes… ou bien que tu seras morte, si tu tardes plus. Crois-moi, il faut sortir d’ici tout de suite. Vas-tu enfin comprendre ou dois-je t’emmener de force ?

– Sadique !

– Oui, chérie. Dis-moi encore des mots tendres.
 
 
 
Quel insupportable coquin, ce Blake !

Tome 2 de Ryan Blake : texte à trous... sans trou.


Il y a plusieurs mois, sur Facebook, j'avais lancé un petit jeu avec un texte à trous, ayant pour thème le tome 2 de la série Ryan Blake, et que les lecteurs pouvaient remplir à leur guise, soit en choisissant dans une liste de mots (s'ils voulaient tenter de deviner la réponse), soit en mettant exactement ce qui leur passait par la tête, histoire de délirer un bon coup. Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager à votre tour ce petit texte.
 
Khali (NB : interprétée par une de mes lectrices ; il s'agissait d'un personnage personnalisable exclusif) est la première                        que rencontre                          au cours de son existence. Jeune femme brune, pleine de rêves et d'énergie, pétrie d'idéal, indépendante et cependant bien entourée par                         , elle croise d'abord la route de                       , alors qu'elle combat un groupe de                     (dirigés par                          ).                     l'emmène à sa suite, pour poursuivre la lutte en                     , où elle retrouve                          , alors                    . Au début,                    ne s'entend pas bien avec cette                            qui flirte aussi avec                                       et assène des « vérités » parfois difficiles à admettre, sur                          ,                            et autres... Eh oui, nous sommes au                  , et                          est encore                        . Khali va avoir un grand rôle à jouer, et nous la retrouverons face à des personnages rapidement évoqués dans le tome 1 qui trouveront dans ce tome tout l’espace pour s’exprimer.

 
Mots manquants (dans le désordre) : Theyla (2 fois) - Ryan Blake (4 fois) - l'Immortel - Chasseresse(s) - Angleterre - l'Eglise - Moyen-Âge - sa famille - l’(les) être(s) surnaturel(s) - vampire(s) - blessé(e)(s) - guerrier(s)(ère)(s) - humain(e)(s) - la magie


Source : inconnue.

Ok, ça ne vous dit pas tellement de participer aujourd'hui, c'est trop tard et je comprends. :-) Voici donc le résultat. Pourquoi, me direz-vous, puisque le jeu est terminé et que tout le monde s'en tape ? Eh bien, parce qu'il apporte quelques révélations sur Les Ailes du Péché et que ça peut éventuellement intéresser une ou deux personnes. ;-)

Khali est la première Chasseresse que rencontre Ryan Blake au cours de sa longue existence. Jeune femme brune, pleine de rêves et d'énergie, pétrie d'idéal, indépendante et cependant bien entourée par sa famille, elle rencontre d'abord Theyla, alors qu'elle combat un groupe de vampires (dirigés par l'Immortel). Theyla l'emmène ensuite avec elle, pour poursuivre la lutte en Angleterre, où elle retrouve Ryan, alors blessé. Au début, Ryan ne s'entend pas bien avec cette guerrière qui flirte aussi avec la magie et assène des « vérités » qu'il a du mal à admettre, sur les êtres surnaturels, l'Eglise et autres... Eh oui, nous sommes au Moyen-Âge, et Ryan est encore humain. Khali va avoir un grand rôle à jouer, et nous la retrouverons face à des personnages rapidement évoqués dans le tome 1 qui trouveront dans ce tome tout l’espace pour s’exprimer.

Au plaisir de vous en dire plus... ASAP ! ;-)

Playlist pour "La Stratégie des Ténèbres"


Cette liste a l'air longue... mais ce n'est encore qu'une infime partie de ce que j'écoute. ^^ Enjoy!



Tableau de Victoria Francès
 
  1. 30 Seconds To Mars : Attack
  2. Nightwish : Last Of The Wilds
  3. Two Steps From Hell : Enigmatic Soul
  4. Kamelot : Solitaire (intro) + Rule The World
  5. Kamelot : Love You To Death
  6. Andromeda : My Star
  7. Symphony X : Paradise Lost
  8. Symphony X : The Sacrifice
  9. Treshold : Voyager II
  10. Dream Theater : Prophets Of War
  11. Symphony X : The divine wings of tragedy
  12. Megadeth : A Tout Le Monde
  13. Treshold : One degree down
  14. Dream Theater – The Best Of Times
  15. 30 Seconds To Mars : Stronger
  16. Muse : Supermassive Black Hole
  17. Paramore : Decode
  18. Linkin Park : Leave Out All The Rest
  19. Mutemath : Spotlight
  20. Paramore : I Caught Myself
  21. Muse : I Belong To You
  22. 30 Seconds To Mars : Closer To The Edge
  23. Breaking Benjamin : Forget It
  24. Depeche Mode : Precious
  25. The All-American Rejects : My Dirty Little Secret
  26. Josh Kelley : Almost Honnest
  27. Brendan Benson : Cold Hands (Warm Heart)
  28. Diamond’s Night : The Girl’s Attractive
  29. Him and Her : Wicked Games
  30. Rascal Flatts : Feel Like Today
  31. 30 Seconds To Mars : Battle Of One
  32. Muse : MK Ultra
  33. Muse : Exogenesis (Part 1, 2 & 3)
  34. Riverside : Loose Heart
  35. Snow Patrol : Spitting Games
  36. Ghinzu : Do You Read Me?
  37. The Rasmus : In The Shadows
  38. Blink 182 : I Miss You
  39. The Film : Can You Touch Me?
  40. Van Halen : Runnin' With The Devil
  41. 30 Seconds To Mars : Revolve
  42. Hoobastank : The Reason
  43. Sum 41 : We’re All To Blame
  44. The Killers : Human
  45. Staind : It’s Been A While
  46. Porcupine Tree : Lazarus
  47. Green Day : Boulevard of Broken Dreams
  48. 30 Seconds To Mars : Kings and Queens
  49. Guided By Voices : Teenage FBI
  50. Hepburn : I Quit
  51. Four Star Mary : Pain
  52. Dashboard Prophets : Ballad For Dead Friends
  53. K’s Choice : Virgin State Of Mind
  54. Black Lamb : Keep Myself Awake
  55. Coldplay : Warning Sign
  56. 30 Seconds To Mars : Night Of The Hunter
  57. Rob Zombie : Dragula
  58. Linkin Park : Session
  59. Rob Zombie : Reload
  60. P.O.D. : Sleeping Awake
  61. Unloco : Bruises
  62. Oakenfold : Dread Rock
  63. 30 Seconds To Mars : This is War
  64. Guns n’Roses : Sympathy For the Devil
  65. Van Halen : Respect The Wind
  66. Two Steps From Hell : Parfait Amour
  67. Green Day : Holiday
  68. Sum 41 : Still Waiting
  69. Nickelback : How You Remind Me
  70. Muse : Sing For Absolution
  71. 30 Seconds To Mars : From Yesterday
  72. Lit : Over My Head
  73. Powerman 5000 : The End Is Over
  74. Electrasy : Cosmic Castaway
  75. The Urge : It’s My Turn To Fly
  76. Splashdown : Karma Slave
  77. Evanescence : Everybody’s Fool
  78. Metallica : Nothing Else Matters
  79. Kiss : I Was Made For Loving You
  80. HIM : Join Me In Death
  81. AC/DC : Highway To Hell
  82. Muse : Uprising
  83. Van Canto : Rebellion
  84. Korn : Forsaken
  85. Scorpions : Still Loving You
  86. Europe : Final Countdown
  87. Muse : Undisclosed Desire
  88. Remy Zero : Save Me
  89. Epica : Presto (Four Seasons – The Classical Conspiracy)
  90. Theory OF A Deadman : Wait For Me
  91. Green Day : American Idiot
  92. The Killers : Spaceman
  93. Dream Theater : Raise The Knife
  94. Alucard : Cold
  95. Snow Patrol : Run
  96. Evanescence : Call Me When You're Sober
  97. Kamelot : Ghost Opera
  98. Jamie Randolph : Chanson du Vampire
  99. 30 Seconds To Mars : A Modern Myth
  100. Snow Patrol : Open Your Eyes
  101. The Fray : She Is
  102. Annie Lennox : Love Song For A Vampire
  103. Amy Winehouse : Back To Black
  104. Epica : Adagio (The Classical Conspiracy)
  105. 30 Seconds To Mars : A Beautiful Lie
  106. Two Steps From Hell : Undying Love
  107. Him : The Funeral of Hearts
  108. Queen of The Damned (Jonathan Davis - Korn) : Slept So Long
  109. Marilyn Manson : If I Was Your Vampire
  110. Guns N’Roses : Don’t Cry
  111. 30 Seconds To Mars : The Kill
  112. Ultima Thule : When Johnny Comes Marching Home
  113. INXS : Devil Inside
  114. Coldplay : Yellow
  115. Aimee Mann : Save Me
  116. The Killers : Somebody Told Me
  117. Marilyn Manson : Rock is Dead
  118. Korn : System (Queen of The Damned)

mardi 12 mars 2013

Extrait du tome 2 (suite) de Ryan Blake : "Les Origines du Mal"


Allez, je suis dans un jour de bonté ! ^^ Je vous livre un nouvel extrait du tome 2 de Ryan Blake (extrait n°5) ! J'espère que ça vous plaira !

 
Extrait 5 de "Les Origines du Mal"
par Sklaerenn Baron (copyright)


Artiste inconnu

Blake se redressa sur sa couche et grimaça, car il avait toujours mal.
– Khali ? grogna-t-il en guise de réponse. Quel drôle de nom !
Vexée, la jeune guerrière ne put s’empêcher de ricaner :
– Si vous saviez ce qu’il signifie, chevalier, vous feriez moins le malin.
Blake se leva enfin et lui fit face avec un sourire moqueur.
– Et pourquoi donc ? Quoi qu’il signifie, cela reste un nom étrange. Mais je vous en prie, expliquez-moi, je suis tout ouïe et avide d’apprendre.
Khali se détourna, estimant sans doute qu’il ne méritait pas qu’elle se donne la peine de répondre. Après tout, il n’avait guère été poli, jusqu’ici. Pourquoi le serait-elle ?
Vaguement amusée devant l’attitude des deux jeunes gens, Theyla intervint :
– Elle a raison. Si vous saviez qui est Khali, vous ririez moins. C’est le nom d’une déesse indienne de la destruction et de la mort.
– Une déesse ? Les déesses n’existent pas !
Aussitôt, la Chasseresse fit volte-face et se jeta sur Blake. En une fraction de seconde, sa lame était contre le cou du jeune homme. Il resta interdit par sa vitesse et sa force surhumaine :
– Hé là, hé là, temporisa-t-il en levant les mains en signe de reddition. On se calme, gente demoiselle.
– Khali est puissante, et je porte son nom car je suis puissante également et que je suis destinée à être une arme vivante contre les Ténèbres. N’en doutez jamais, chevalier.
– Comme vous voudrez. Avec votre dague sur la gorge, je ne peux pas dire le contraire, ajouta-t-il avec ironie.
« Il ne peut donc jamais s'empêcher de faire l'imbécile ! » songea Theyla avec une pointe d’agacement.
Après une hésitation, Khali retira sa lame et Theyla vit qu’elle avait entamé la peau de Blake. Mais celui-ci n’en avait cure. Il en avait vu d’autres. Il continua même à la provoquer :
– Vous n’avez pas peur d’être traitée d’hérétique et de finir sur le bûcher ?
– Je suis une Magdalénienne, rétorqua Khali. Rien que le sang qui coule dans mes veines fait de moi une hérétique, aux yeux de certains. Alors qu’il n’y a rien de plus sacré et que je travaille pour l’Église.
– Pour l’Église ?
– Pour le Vatican, oui.
Blake en resta soufflé. Theyla sentait qu’il n’y croyait qu’à demi, bien que ce fût la pure vérité, mais l’aplomb de Khali le faisait douter. Cela le perturbait. Il se tut et Theyla en ressentit une intense satisfaction.

Extraits des livres à venir !


Bonjour à tous !

Suite à un petit jeu sur facebook, j'y avais publié quelques extraits des manuscrits sur lesquels je travaillais (et travaille toujours). Aujourd'hui, pour ceux qui ne sont pas sur ce réseau, je les partage avec vous. N'hésitez pas à laisser vos commentaires et vos avis, ils sont toujours bienvenus. :)



Extrait de "Les Origines du Mal" (tome 2 de Ryan Blake) :
« Et merde ! » lâcha-t-elle.
Voilà qu’elle devenait vulgaire. Cela ne lui ressemblait pas. Pas de doute ! Ce fichu humain grossier et impertinent déteignait sur elle. Mais il n’avait pas le droit ! C’était à elle de déteindre sur lui, de l’adoucir, de le calmer, de le guérir, pas à lui de la pervertir !
En cet instant, elle regrettait presque que son Créateur l’eût faite libre. Libre de choisir. Libre d’hésiter, de basculer à tout instant. Libre de choisir le bien ou le mal. Si elle n’avait pas eu cette liberté, si elle n’avait jamais été capable d’éprouver la tentation, tout aurait été beaucoup plus simple.
Mais aujourd’hui, tout était compliqué. Et avec ces maudits vampires dans les parages, ça n’allait pas s’arranger. Décidément, tout allait de travers dans ce monde. Mais qu’était-elle donc venue faire dans cette galère ? Il fallait au moins qu’elle essaye de se débarrasser des vampires. Un problème après l’autre.


Extrait de "Les Ailes du péché" (tome 3 de Ryan Blake) :
« Arrête de le dénigrer. Vous êtes tellement proches l’un de l’autre que ça devient ridicule.
– Quoi ? Moi et ce… ce… Ce chat de gouttière ? Proches ?
– Comment peux-tu parler ainsi de celui qui, dans ton entourage, se rapproche le plus de ton meilleur ami ?
– Parce que c’est un chaton inoffensif. Nous n’avons rien en commun. »
Theyla se mit à rire.
« C’est ça, dit-elle. Et moi, je suis la Reine d'Angleterre. »
Blake grogna.
« Tu l’as vu en action, tu sais ce qu’il vaut et tu l’apprécies, reprit-elle. Et quand vous n’êtes pas en train de vous disputer à cause de moi, vous êtes tout le temps fourrés ensemble. »



Autre roman, dont je tais encore le titre :
Nerveuse, Katarina accéléra encore le pas. Elle courait vraiment, maintenant. Allons ! Il suffisait de devancer Philippe, d’aller plus vite que lui, de se rendre à Calais, ou à Cherbourg peut-être, et de prendre un ferry. Ce n’était pas compliqué. Elle avait juste assez d’argent. Et même si elle était contrôlée et arrêtée, au moins ne serait-elle plus entre les pattes de Philippe. La taule était préférable à la mort.
C’était peut-être ça, la solution, d’ailleurs ! Se rendre dans un commissariat, tout leur raconter, se mettre sous leur protection… Mais Katarina n’était pas du genre à cafter. Et puis, la protection des flics, elle s’en méfiait ! Elle ne les appréciait guère, de toute façon, car ils lui menaient la vie dure, eux aussi. Il valait mieux essayer de s’en sortir seule.
Et si elle piquait une voiture ? Elle irait plus vite, et elle serait au chaud, au moins… L’idée l’avait à peine effleurée qu’elle songea qu’elle ne savait pas comment désamorcer ces fichues alarmes qui hurlaient dans la nuit comme des bêtes de guerre. Bien dommage… Presque tout le monde savait faire ça aujourd’hui, mais pas elle.



Recueil de nouvelles :
« Ça alors, fit le collègue de R. d'un ton enthousiaste. Tu vas assister à un miracle, mon gars, et ça arrive rarement, crois-moi. »
R. le regarda avec des yeux grands comme des soucoupes. Ecœuré.
« Un miracle ? répéta-t-il. T’es vraiment malade, toi, faut te faire soigner. C’est dégueu, oui ! Et puis, ça serait pas illégal aussi, par hasard ? ajouta-t-il avec mordant. Ça ne s’appellerait pas une profanation de sépulture ?
- Laisse faire, je te dis… »
Exaspéré, R. décida de laisser tomber.
« Vous êtes tous complètement tarés dans ce cimetière ! Je me casse, je vais changer de boulot. »

Merci de m'avoir lue et à bientôt ! :)

mardi 5 mars 2013

Inspiration pour écrire...

Un morceau de U2, interprété par Thiry Seconds To Mars, quoi de mieux pour écrire ? ;) Je vous laisse découvrir un extrait de la playlist pour le tome 2 de Ryan Blake. Enjoy!

samedi 20 octobre 2012

Sortie de « Lune Bleue », mon prochain roman, d’après le conte de Mestr Tom !

La nouvelle a déjà circulé sur facebook et il était temps que je la relaye ici : mon prochain roman, intitulé      « Lune Bleue », sortira le 20 novembre prochain à la Porte Littéraire.

Ecrit à quatre mains (ou à deux plumes), ce roman a représenté pour moi un fantastique (c’est le cas de le dire !) défi. Il s’agit d’un roman vampirique, mais dans l’univers fantasy d’Orobolan, créé par Mestr Tom. Je dois dire que cette expérience a vraiment été une aventure passionnante ! Se plonger dans l’univers d’un autre, le faire sien, le réinterpréter à sa façon, c’était une première pour moi. Mais j’avoue que je me suis beaucoup amusée et que le travail d’équipe ne m'a pas pesé du tout, alors que je suis plutôt de nature solitaire.

Ce roman s’intégrera donc à la série des « Voyages en Orobolan », série de plusieurs romans écrits à partir de l’univers créé par Mestr Tom. Celui-ci parlera donc de vampires, évidemment, ce qui peut surprendre dans un univers fantasy, de prime abord. Mais dans le monde d'Orobolan, le clan de la Lune Bleue est tout à fait particulier...


Kit anti-vampires - Création personnelle de Sklaerenn Baron.

Voici la quatrième de couverture : « Au début des temps, le clan de Gaskell était dirigé par deux frères jumeaux, Leba et Ikan. Par la faute de Krystal, le Roi Démon, Ikan tua Leba. Les divinités condamnèrent alors Ikan et tout son clan à la nuit.
Sept familles, sept époques, sept destins pour retracer six mille cinq cents ans de l’histoire du Clan de la Lune Bleue, de sa déchéance à sa rédemption.
Un roman de Sklaerenn Baron, d’après l’univers et le conte de Mestr Tom. »

Si vous voulez rejoindre l'événement facebook, c'est ici. Et si vous voulez pré-commander « Lune Bleue », c'est là, sur le Journal Fan 2 Fantasy !


Bonne soirée à tous !